Un chantier de réhabilitation rue de la Paroisse, à deux pas du château, nous a récemment confrontés à un sol totalement déstructuré sous un ancien pavillon. La présence de poches de dissolution dans le calcaire lutétien, typiques de la géomorphologie de Versailles, menaçait la stabilité de la façade classée. Plutôt que de reprendre l'intégralité des fondations en sous-œuvre, une approche chirurgicale par injection s'est imposée. La conception d'injections (grouting) ne se résume pas à remplir des vides ; il s'agit de définir le rayon d'action précis du coulis, sa viscosité et sa pression de refoulement pour ne pas créer de soulèvement dans un bâti ancien. Dans cette zone où l'alternance des Marnes et Caillasses et du Lutétien dicte la portance, nous croisons systématiquement les données de l'essai CPT pour identifier les horizons les plus perméables avant de calibrer le coulis. La difficulté à Versailles, c'est de traiter un sous-sol karstifié sans dénaturer l'écoulement naturel des nappes perchées, un équilibre que seule une conception rigoureuse permet d'atteindre.
Injecter à Versailles, c'est gérer l'invisible : combler les vides karstiques sans perturber l'hydraulique souterraine qui préserve les bois historiques de la ville.



